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Les animaux « de compagnie »

  • Photo du rédacteur: Prisca Filser
    Prisca Filser
  • 18 mars
  • 1 min de lecture

Il y a quelques temps, j’ai été heurtée par la formulation « animal de compagnie ». Elle semble anodine. Et pourtant, en l’écoutant résonner, j’ai senti une dissonance. Derrière cette expression, il y a une vision du monde, une manière de penser la relation humain/animal. Parler d’un animal comme d’un animal de compagnie, c’est l’assigner à une fonction. C’est le réduire à un rôle : celui de nous tenir compagnie.


Comme si leur présence n’avait de sens qu’au travers de notre solitude, notre besoin de réconfort, notre désir d’attachement. Comme si leur existence ne valait que pour le bien-être qu’elle nous procure.


Mais est-ce vraiment cela, la relation ? Est-ce vraiment cela, le lien ? L’animal dit « de compagnie » devient alors un miroir, un pansement, et ce glissement est insidieux car il nous empêche de voir l’animal comme un individu à part entière, avec sa propre altérité, ses désirs et ses besoins.


Au fond, réfuter cette formulation, ce n’est pas un caprice sémantique. C’est une manière de reconnaitre l’animal pour ce qu’il est. C’est une manière de dire : tu n’es pas là pour moi, tu es là tout simplement, avec ton individualité, tes émotions, ton langage, ton rythme. Ta présence ne m’est pas due. Elle m’est offerte, parfois. Elle m’est refusée, parfois. Et c’est dans cette reconnaissance que peut naître la vraie relation. Celle qui ne cherche pas à posséder ni à réduire.


Et puis, les amoureux des animaux le savent. Ils ne nous tiennent pas compagnie : ils nous délogent, ils nous déplacent, ils nous enseignent une autre manière d’être au monde.

 
 
 

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